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  • Photo du rédacteurCarolineSulzer

Notre voyage en Argentine : le continent antarctique.

Dernière mise à jour : 6 févr. 2023

Dimanche 29 et lundi 30 janvier 2023


Nous avons pris place à bord du navire MS Nansen, affrété par la compagnie norvégienne Hürtigrüten. Deux jours de traversée sont nécessaires pour rallier l’Antarctique. Pascal et moi avons voulu faire les malins et avons prétendu que, ayant le pied marin, nous n’aurions pas le mal de mer. Nous n’avions pas mesuré ce que c’est de naviguer dans les 50èmes hurlants, avec des vagues de dix mètres de haut qui transforment tout l’océan alentour en une vaste plaine blanche d’écume. Nous avons passé l’essentiel de la journée de dimanche couchés jusqu’à ce que les pilules miraculeuses délivrées pas l’équipage fassent effet. On ne nous y reprendra pas !


Le reste de la traversée se passe sans encombre : sur le pont, nous admirons le grand bleu et le vol majestueux des albatros, à l’intérieur, nous assistons à des conférences scientifiques ou historiques et profitons de l’excellente cuisine proposée à bord.


Mardi 31 janvier 2023


Terre ! Vers 10 heures du matin, nous apercevons enfin notre premier petit bout de banquise ! Nous enfilons des vêtements chauds et partons nous poster sur le pont avant, où sont déjà attroupés quelques dizaines de passagers. Le navire entame son entrée dans le chenal Lemaire, situé entre la Terre de Graham et l’île Booth. Long de onze kilomètres, ce passage est assez délicat en raison de son étroitesse et des nombreux icebergs qui le jonchent. Malgré un ciel bien bas qui nuance la nature de blanc et de gris, le paysage s’impose à nous, calme et grandiose. Par endroits, la glace passe du blanc pur au bleu le plus vif et on distingue parfaitement la partie immergée des blocs de glace sur le chemin du navire. Sur l’un d’entre eux, juste devant nous, un lion de mer se prélasse. À notre arrivée, il dresse la tête, visiblement dérangé dans son sommeil, et nous fixe longuement avant de plonger au dernier moment, juste devant la proue du navire.










À 18 heures, notre groupe – les albatros à sourcils bruns – est appelé pour partir à terre. Dûment équipés avec veste réglementaire imperméable, bottes montantes et gilet de sauvetage, nous embarquons à bord de zodiacs pour une traversée de dix minutes entre le navire et la côte. Enfin, nous posons notre premier pied sur le continent antarctique ! Nous sommes sur Pettermann Island, très exactement dans la Baie de la Circoncision – ça ne s’invente pas – ainsi nommée par Charcot lorsqu’il l’a découverte un 1er février, date de la circoncision du Christ. À un jour près, nous aurions pu célébrer l’anniversaire de la découverte de l’île par l’explorateur français.



Nous sommes accueillis par une forte odeur de guano et par des milliers de manchots, agglutinés sur les rochers alentour. Ils ne sont pas du tout sauvages et s’approchent de nous volontiers, mais nous avons pour consigne de nous écarter et de laisser une distance de cinq mètres au moins entre eux et nous. À peine débarqués, nous assistons à la mise à mort d’un manchot par un pétrel, un gros oiseau marin aux pieds palmés, tandis que les congénères de la victime assistent à la scène sans intervenir. L’ornithologue du groupe nous explique que les manchots peuvent se rassembler pour faire fuir un prédateur à grands coups d’ailes et de cris, mais qu’ils n’iront pas secourir l’un des leurs si c’est trop tard. Nous apprenons aussi à distinguer les Adélie, qui sont entièrement noirs et blancs, et les Gentoo ou Papoo, qui ont le bec rouge et une tache blanche sur la tête. Ces derniers sont aussi beaucoup plus agités que leurs cousins et plus aventureux.


C’est très émouvant de pouvoir assister à pareil spectacle et nous mesurons notre chance d’être sur cette terre australe vierge de toute présence humaine.





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