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  • Photo du rédacteurCarolineSulzer

Lettre ouverte à mes sœurs de cœur (mais les hommes peuvent lire aussi…)

Dernière mise à jour : 10 mars 2023



En cette journée internationale des droits de la femme, je ne vous parlerai pas de ce dont les médias parlent déjà, et je les en remercie de le faire.


Je ne vous parlerai pas du nombre ahurissant de féminicides dans notre pays, en réelle augmentation : en 2022, une femme est tombée tous les trois jours sous les coups de son compagnon ou ex-compagnon. Je ne vous parlerai pas des viols, dont le nombre officiel est de 94000 l’an dernier, mais qui sont souvent tus pas les victimes que la honte ou la peur empêchent d’aller porter plainte. Je ne vous parlerai pas, à l’étranger, des mariages forcés qui, pour des intérêts économiques ou familiaux d’un autre âge, mettent des fillettes prépubères apeurées dans le lit de gros messieurs libidineux et terrifiants. Je ne vous parlerai pas de ces petites filles qu’on tue à la naissance car elles n’ont pas eu la présence d’esprit d’être un garçon, je ne vous parlerai pas de ces femmes qu’on asperge d’acide parce qu’elles ont, semble-t-il, regardé un homme dans la rue ou pour venger un affront. Je ne vous parlerai pas de ces dictatures qui ont tellement peur de l’intelligence des femmes qu’elles leur interdisent tout accès à l’éducation, dès le plus jeune âge, les condamnant ainsi au seul rôle de pouliches reproductrices. Enfin, je ne vous parlerai pas de ces tyrans fous sous leurs turbans qui, après avoir violé, matraqué et fusillé les citoyennes de leur pays, en colère depuis septembre après la mort de l’une des leurs pour un voile mal placé, ces tyrans, donc, qui n’ont pas trouvé mieux récemment que de menacer ces mêmes citoyennes de leur balancer un bon coup de gaz Saran au cas où elles auraient l’idée saugrenue de continuer de se balader tête nue en brandissant des pancartes.


Non. Moi, je vais vous parler de mode. En effet, au risque de paraître sexiste, il se trouve que nous sommes beaucoup plus consommatrices que les hommes – les chiffres le prouvent – et que nous sommes même souvent prescriptrices. Vous me direz qu’il y a beaucoup plus de grands couturiers masculins ; c’est vrai, mais c’est en train de changer et je veux évoquer la mode de la rue, pas celle des salons feutrés de l’avenue Montaigne. En tant que femmes donc, consommatrices et prescriptrices pour nos maris et nos enfants, je pense que nous avons une lourde responsabilité. Les marques ferment les unes après les autres dans notre pays et dans le monde occidental en général, laissant sur le carreau des milliers d’employés – souvent des femmes – et leurs familles. Et pendant ce temps-là, la fast fashion voire l’ultra fast fashion débarque et conquiert. Je reprends ici un post sur Linkedin de Marie Nguyen, co-fondatrice de We Dress Fair. Pour mémoire, Shein, c’est une fabrication en Chine dans des conditions déplorables : 75 heures par semaine avec un jour de repos par mois ; 6000 nouvelles références par jour issues majoritairement du pétrole (nylon, polyester, acrylique) et des prix ridicules. Cerise sur le gâteau, ils s’installent pour quelques jours en France en ouvrant des pop up stores dans les grandes villes, sortes de miroirs aux alouettes géants pour nos ados adeptes de Tik Tok, où Shein poste à tour de claviers. Le site serait à lui seul responsable de 12 à 20 % du dioxyde de carbone émis par les jeunes en France…


Moi, ça me fait froid dans le dos et ça me donne envie d’aller me mettre un pull made in France, que je paierai sans doute plus cher, mais peu importe. Au lieu d’en avoir douze, j’en aurai deux ou trois, que je chérirai, et qui me permettront de me regarder avec fierté dans mon miroir, pas aux alouettes celui-là.




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